Les situations de fragilité des salariés

Une étude Harris Interactive pour Comptoir mm

Échantillons : 303 dirigeants d’entreprises interrogés par téléphone. Critères de représentativité : taille d’entreprise, secteur d’activité, IDF/Province. 1581 salariés interrogés en ligne. Critères de représentativité : sexe, âge, PCS de l’interview, taille d’entreprise, secteur d’activité, Grandes régions françaises. 50 assistantes sociales intervenant en entreprise interrogées par téléphone, diversité de profils.

 

Harris Interactive a réalisé, à la demande du Comptoir mm de la nouvelle entreprise (lecomptoirmm.com), une vaste étude sur les fragilités en entreprise, qu’elles soient plutôt d’origine personnelle (maladie, deuil, séparation, difficultés financières, position d’aidant…) ou plutôt d’origine professionnelle (épuisement, perte de sens au travail, allongement de la vie professionnelle, inaptitudes suite aux évolutions technologiques…). Les regards de trois cibles ont été investigués : les salariés, mais aussi les dirigeants d’entreprise ainsi que les assistantes sociales intervenant en entreprise.

 

Que retenir de cette étude ?

 

  • Les fragilités en entreprise sont une réalité qui touche aujourd’hui plus d’un salarié sur deux (56%) et la quasi-totalité des entreprises (91%).

 

  • 37% des salariés déclarent actuellement vivre une situation de fragilité d’origine personnelle, comme par exemple une grande difficulté financière (14%), une position d’aidant pour un proche en perte d’autonomie (9%), une maladie grave ou une affection de longue durée (8%) ou encore un deuil au sein de la famille proche (8%).

 

  • Une proportion quasi-équivalente – 38% – déclare souffrir d’une fragilité d’origine professionnelle comme des conditions de travail éprouvantes (23%), un sentiment de perte de sens ou de déshumanisation de son travail (23%) ou encore des difficultés à concilier sa vie professionnelle et sa vie personnelle (11%). Notons que les dirigeants d’entreprise mettent davantage en avant dans les fragilités que connaissent leurs salariés les maladies professionnelles graves ou les accidents du travail sévère.

 

  • Relevons que les fragilités personnelles et professionnelles sont corrélées, 19% des salariés connaissant à la fois une fragilité personnelle et une fragilité professionnelle. Il existe donc un effet de cumul pénalisant fortement certaines catégories de salariés, parmi lesquelles les femmes, les seniors de plus de 55 ans, les faibles revenus, et les salariés ayant connu des périodes de chômage ou des changements de carrière.

 

  • Les fragilités connues par les salariés peuvent, à différents niveaux, impacter leur vie professionnelle et la bonne marche de l’entreprise. En effet, 56% des salariés en situation de fragilité personnelle déclarent que cela a un impact important sur leur vie au travail, tout comme 54% de ceux connaissent une situation de fragilité professionnelle. Les dirigeants d’entreprise établissent le même constat, plus de 4 sur 10 déclarant que ces fragilités peuvent entamer l’engagement et la productivité des salariés concernés, mais aussi plus largement affecter l’ambiance de travail.

 

  • Du point de vue des trois cibles, l’entreprise est légitime pour intervenir sur les fragilités d’origine professionnelle (98% des assistantes sociales le pensent, 94% des dirigeants et 73% des salariés). Les avis sont plus mitigés lorsqu’il est question des fragilités d’origine personnelle. Si ¾ des assistantes sociales estiment que les entreprises doivent agir aussi sur ce front-là, la proportion descend à 52% parmi les dirigeants et 41% parmi les salariés. Il semble donc exister une zone de flou sur le rôle de l’entreprise quand des fragilités personnelles viennent perturber le quotidien au travail.

 

  • Les dirigeants ont le sentiment de déjà agir sur le front des fragilités. Ils indiquent avoir déjà mis en place de nombreuses actions, notamment, pour plus de 6 sur 10, des avances sur salaire ou avances de frais, des aménagements du temps de travail ou des aménagements de poste. Mais les managers et les salariés perçoivent peu ces actions (67% des salariés se sentent mal informés à ce sujet).

 

  • Les dirigeants se disent freinés pour agir principalement par la peur d’être intrusif ou pour des raisons de confidentialité. Alors que les salariés mettent en avant les risques d’être licencié ou pénalisé en termes d’évolution professionnelle s’ils font part de leur situation de fragilité.

 

  • A l’inverse la préoccupation à l’égard de la qualité de vie au travail et du bien-vivre ensemble constituent un important levier d’action pour les entreprises. Dans tous les cas, une majorité de répondants considère que le rôle social des entreprises va s’accentuer dans les années à venir (55% des salariés, 70% des assistantes sociales et 76% des dirigeants).

 

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